Nom savant : Myrtus communis

Noms corses : a morta, a mortula, e mortule

Description : le myrte est le plus important représentant de la famille des myrtacées, à qui il a donné son nom. L’arbrisseau mesure entre deux et trois mètres, et s’épanouît sous une forme buissonnante. Ses feuilles sont persistantes et s’allongent pour se terminer en pointes. Les fleurs, solitaires, se situent au terme d’un long pédoncule. Parfois, trois feuilles peuvent naître d’un même point, ce qui est très rare dans la nature. Le fruit est une baie de forme ovoïde, d’une couleur violacée, presque noire, quand il arrive à maturité.

Milieu naturel : le myrte commun est une plante particulièrement adaptée au maquis corse. Il peut vivre jusqu’à 300 ans, et peut survivre sans problème à une sécheresse prolongée.

Un arbre à la symbolique mystique omniprésente

Le myrte commun est partie prenante de nombreux mythes antiques. On l’associe aux divinités grecques Déméter, Perséphone ou encore Dionysos, dont les adeptes couronnaient leur front de myrte.

L’arbuste appartient aussi à la symbolique chrétienne. Ainsi, Adam aurait ramené le myrte du paradis dont il a été chassé, pour parfumer la Terre (avec un épi de blé et une poignée de dattes). Les trois feuilles du myrte, lorsqu’elles naissent d’un même point, représentent les trois patriarches : Abraham, Isaac et Jacob.

Et si vous voulez séduire une demoiselle, offrez-lui un bouquet de myrte : ne soyez pas avares en fleurs, elles sont le symbole de votre amour pour elle.

Le myrte commun, pour une cuisine peu banale

Le myrte est apprécié des gourmets corses depuis de nombreuses générations. Ses baies, séchées, aromatisent la charcuterie et le vin. Il peut aussi constituer une épice qui relèvera avec finesse les terrines. Les feuilles, quant à elle, s’invitent dans de nombreux plats en sauce, des gibiers préparés ou des marinades. Et qui ne connaît pas la liqueur de myrte, emblématique du savoir-faire traditionnel corse ?

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Nom savant : Umbilicus rupestris

Noms corses : l’ombilic des rochers possède de nombreux noms vernaculaires, dont a baiocca, a baioccula, a baiuchella, a cioccia, a ciarra, algajola, et bien d’autres.

Description : cette plante se reconnaît par son aspect remarquable, identifiable sans effort. Petite plante grasse, appartenant à la prolifique famille des Crassulacées. Ses tiges, d’abord vineuses, deviennent ensuite vert clair. Elles portent des feuilles charnues, d’un vert qui peut virer au rouge en cas de sécheresse, et qui sont d’une forme ronde, généralement concaves, avec le pétiole attaché en son centre. Elles rappellent un nombril soyeux. À la floraison, elle produit de petites clochettes horizontales ou tombantes.

Milieu naturel : l’ombilic des rochers se niche dans de petites anfractuosités qui contiennent de la terre, entre les pierres de vieux murets ou des roches de sous-bois, par exemple.

Une plante culinaire et médicinale ?

L’ombilic des rochers est comestible, et ses feuilles accompagnent les salades, dont elles enrichiront la composition comme le goût. Riches en mucilage, ses feuilles sont tout indiquées pour soulager les piqûres d’insectes, les brûlures, les petites plaies ou même les boutons et les furoncles. On ôte la peau de la feuille en la trempant dans l’eau bouillante, et on l’applique sur la zone que l’on souhaite traiter. Dans la région du Niolu, on faisait sortir le suc des feuilles et on l’utilisait pour calmer les irritations des yeux.

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Nom savant : urtica atrovirens Loisel

Noms corses : urticula, articula, astricula, Puncicula, arba senecca (dans le Fiumorbu)

Description : on trouve en Corse cinq espèces d’orties, dont l’ortie noire de Corse. On la reconnaît car elle possède des feuilles d’un vert très sombre, opposées, de forme ovale et lancéolée, avec de profondes dentelures. Les poils urticants contiennent différentes substances, dont l’acide formique, l’histamine, de l’acétylcholine et de la sérotonine.

Milieu naturel : la noire ortie de Corse est quasiment endémique à l’île de beauté. On ne la trouve en effet qu’en Méditerranée, en Corse, en Toscane, en Sardaigne, et dans les Baléares.

Les vertus de l’ortie noire de Corse

Cette plante est l’une des plus riches en antioxydants. En purin, elle est connue pour être un excellent engrais naturel. L’ortie noire de Corse a longtemps été utilisée pour calmer les douleurs des rhumatismes. En emplâtre ou en bains de pieds, elle soulageait les douleurs liées aux entorses. En tisane, elle est censé favoriser les mictions.

À Murato, la noire ortie de Corse était l’enjeu d’un véritable commerce : on ramassait ses graines et on les vendait ensuite aux apothicaires.

Et l’ortie commune ?

À côté de l’ortie noire, on trouve en Corse l’espèce commune, l’urtica dioica des botanistes. Plante médicinale réputée, elle était aussi employée dans les cuisines, autant appréciée pour son goût (elle donne une soupe veloutée et simplement délicieuse) que pour ses qualités nutritives (l’ortie est particulièrement riche en fer). Pétrone, un poète latin, lui attribuait des vertus aphrodisiaques.

Un tableau d’Albert Dürer représente un ange qui vole vers le ciel, avec une branche d’orties dans la main.

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